Vous avez acheté vos premiers sachets de graines, passionné par l'idée de démarrer vos propres tomates, mais la réalité vous frappe : les kits de semis coûtent cher. Très cher. Je vois les prix grimper chaque année dans les jardineries françaises (oui, je parle de vous, Gamm Vert et Truffaut) et je me dis qu'il doit y avoir une autre voie.
J'ai testé tous les subterfuges, du rouleau de papier toilette aux boîtes d'œufs. Mais il y a un champion oublié dans votre poubelle qui surpasse tout en robustesse, en taille et en durabilité : le bon vieux pot de yaourt. Si vous jetez encore ces plastiques, vous perdez de l'argent et un outil de jardinage essentiel. Voici pourquoi et comment l'utiliser comme un pro, sans que vos semis ne pourrissent.
Le vrai coût caché du plastique jetable (et pourquoi le yaourt est parfait)
Quand on parle de « récup’ », beaucoup pensent d'abord aux barquettes de fraises. Elles sont pratiques, certes, mais ont un défaut majeur : elles sont trop souples et très peu profondes. Idéal pour des graines de laitues, mais une catastrophe pour les racines de poivrons ou d'aubergines qui nécessitent de l'espace.
Le pot de yaourt, lui, a la taille parfaite. Non seulement il offre la profondeur nécessaire (souvent 7 à 9 cm) pour le premier développement de la racine pivot, mais sa matière plastique est étonnamment résistante aux arrosages répétés. C'est le format idéal pour passer de la graine au repiquage en pleine terre.
Pièges à éviter : l’erreur fatale de la rétention d’eau
J'ai fait l'erreur au début. J'ai rempli mes premiers pots de terreau, semé méticuleusement, et le lendemain, j'ai trouvé mes semis "noyés". C'est l'erreur numéro un que beaucoup commettent. Le fond étanche d'un pot de yaourt est son plus grand atout… et son plus grand risque.
Le problème n'est pas le pot, mais le drainage. Si l'eau stagne, vos précieuses graines (ou jeunes pousses) meurent étouffées, victimes du redoutable « fonte des semis ».
- Le principe de la douche inversée : Vous devez créer des trous qui permettent à l'eau de s'échapper rapidement sans laisser votre précieux terreau filer.
- N'utilisez pas de clou froid : J'ai vu des gens essayer de percer avec des ciseaux. C'est dangereux et le plastique se fend.

L'astuce du fer à souder (ou comment recycler sans effort)
Voici la méthode que j'utilise maintenant, rapide, sûre et efficace. Elle demande 10 minutes pour toute une série de pots.
Si vous n'avez pas de fer à souder, un simple tournevis chauffé sur la flamme d'une gazinière fait l'affaire (attention, gants obligatoires !). Laissez la pointe rougir légèrement, puis touchez rapidement le fond du pot. Le plastique fond instantanément et proprement.
L'étape cruciale :
- Percez 4 à 5 trous de taille moyenne (5 mm de diamètre minimum) au fond de chaque pot.
- Concentrez les trous sur les bords, pas seulement au centre. L'eau s'accumule souvent dans le creux périphérique.
Cette simple modification transforme un déchet en un conteneur de semis de qualité professionnelle, rivalisant avec les godets vendus à prix d’or.
3 techniques de pro pour optimiser vos pots de yaourt
Il ne suffit pas de percer le fond. Pour éviter les maladies et maximiser la survie, vous devez appliquer ces trois techniques souvent négligées par les amateurs.
1. Le piège à maladie : La double enveloppe
Même avec un bon drainage, remonter les pots du sol froid d'un rebord de fenêtre ou d'une serre non chauffée est essentiel. Quand j'ai commencé, je posais mes pots directement sur le béton. Résultat ? Le froid a stoppé la croissance.

La solution : Utilisez une barquette de gâteaux secs ou le couvercle d'une boîte de rangement en plastique. Placez tous vos pots à l'intérieur. Cela crée une petite lame d'air isolante et surtout, si de l'eau s'échappe, elle est collectée, protégeant votre table ou votre étagère. Un double usage anti-froid et anti-dégâts !
2. L'identification infaillible
Vous avez semé 10 variétés de tomates et 5 d'aubergines. Dans deux mois, tout se ressemble. J'ai longtemps utilisé des étiquettes en bois qui pourrissaient ou dont l'encre délavait. Mais il y a mieux.
- Le pot de yaourt est parfait pour être marqué au marqueur permanent sur son côté. C'est visible et l'encre ne bouge pas.
- Mon astuce 2024 : Utilisez un morceau de ruban adhésif de masquage (le ruban de peintre). Collez-le juste sous le bord et écrivez dessus avec un stylo bille simple. Le papier ne se dégrade pas et le temps de repiquage, vous êtes sûr de votre variété.
3. Le test de la "terre-qui-parle"
Un terreau inadapté est l'équivalent de semer sur du papier mâché. Vos pots de yaourt sont de petits indicateurs. S'ils sèchent trop vite (en une journée), le terreau est trop léger (trop de perlite ou de sable). S'ils restent humides pendant 4 jours, votre terreau est trop lourd, voire compacté.
Règle d'or : Pour les semis en pots de yaourt, utilisez un terreau spécial "semis" qui est très fin et mélangé avec une petite dose de compost bien mûr (le must si vous voulez économiser).
Le secret de l'autonomie totale : ne plus jamais acheter de godets
Les jardiniers économes français ne s'arrêtent pas à la récup' du yaourt nature. Les pots peuvent être réutilisés année après année. Pour les nettoyer, pas besoin de Javel (qui risquerait de contaminer votre sol). Lavez-les simplement à l'eau chaude savonneuse après chaque saison pour éliminer les spores de champignons.
En fin de compte, cette petite habitude (laver et percer les pots au lieu de les jeter) peut vous faire économiser au moins le prix d'un bon dîner par an, et surtout, vous donnez une seconde vie à des dizaines de grammes de plastique. C'est bon pour votre porte-monnaie et pour la planète.
Utilisez-vous déjà vos vieux pots de yaourt pour vos semis ? Quelle astuce avez-vous trouvée pour les rendre encore plus performants ? Partagez votre meilleure idée ci-dessous !