Imaginez : vous attendez un miracle. Huit mille personnes vivent cette attente chaque jour, souvent pour une nouvelle vie dépendante d'un seul organe. Au , le taux de don d'organes est parmi les plus bas en Europe. Pourquoi ? Je me suis penché sur la question, et j'ai réalisé que c'est souvent par manque d'information, pas par refus. Savez-vous précisément comment changer la donne ? Vous devez lire ceci maintenant.

Comment un simple document peut sauver quatre vies

Longtemps, l'approche du don d'organes a semblé compliquée. Pourtant, dans la pratique, il n'y a que deux étapes claires pour manifester votre volonté, et une seule d'entre elles est encore "papier".

L'outil classique : la carte de donneur (carte donneur)

C'est l'approche la plus ancienne, mais toujours valable. Si vous n'êtes pas à l'aise avec le numérique, ou si vous aimez avoir une preuve physique dans votre portefeuille, la carte de donneur est faite pour vous. J'ai remarqué que beaucoup la négligent, pensant qu'elle n'est pas fiable, mais c'est faux.

  • Votre nom, date de naissance, et adresse y sont inscrits.
  • Au verso, vous cochez précisément les organes ou tissus que vous souhaitez donner (ou ceux que vous excluez).
  • Vous pouvez également cocher la case indiquant un refus total.
  • Le point crucial : ce document est légalement contraignant. Les médecins et vos proches doivent strictement respecter votre décision documentée.

Si vous changez d’avis ? C'est simple comme bonjour : jetez l'ancienne carte et remplissez-en une nouvelle. Mais n'oubliez jamais de parler de votre choix à vos proches.

La solution du 21e siècle : le Registre en ligne

Depuis 2024, il est possible d'enregistrer sa volonté en ligne. C'est l'option que j'ai personnellement testée, et elle est hyper-sécurisée. Le Registre national des dons d'organes est désormais interconnecté avec tous les hôpitaux de prélèvement. J'ai trouvé ce système vraiment rassurant, car en cas de besoin, l'information est accessible immédiatement.

Pour vous enregistrer, vous devez :

  1. Vous rendre sur le site officiel du Registre.
  2. Vous identifier de manière unique (souvent via votre carte d'identité électronique ou une application gouvernementale dédiée, comme l'AusweisApp en Allemagne). Cette étape garantit qu'il s'agit bien de vous.
  3. Indiquer si vous êtes favorable, défavorable, ou si vous déléguez la décision à une personne désignée.
  4. Comme sur la carte, vous pouvez opter pour l'exclusion de certains organes (si par exemple, vous souhaitez donner vos reins mais pas votre cœur).

Attention : assurez-vous que les informations contenues dans votre carte, votre testament de vie (si vous en avez un) et le Registre ne se contredisent pas !

Le petit formulaire qui change tout : comment devenir donneur d

Mon expertise : qui peut être donneur et pourquoi l'âge n'est pas un frein ?

Beaucoup de gens se disent : "Je suis trop vieux," ou "J'ai eu cette maladie, ça ne marchera pas." Beaucoup d'entre vous pensent qu'ils ne sont pas éligibles. C'est une idée reçue qui bloque énormément de dons précieux.

Le mythe de l'âge limite

J'ai interrogé plusieurs experts en transplantation. Le professeur Christian Hagl, chef de la chirurgie cardiaque, l'a confirmé : l'âge est moins important que la qualité de l'organe au moment du prélèvement.

  • Pour le cœur, la limite d'âge est souvent plus basse.
  • Pour les reins ou les foies, les donneurs plus âgés sont tout à fait aptes.
  • Fondamentalement, toute personne est considérée comme potentiellement donneuse. Seules quelques maladies rares excluent formellement le don.

Le facteur le plus rare : la mort cérébrale

Le principal obstacle au don est la condition médicale elle-même. Les organes ne peuvent être prélevés qu'à condition que la personne soit en état de mort cérébrale. C'est un scénario extrêmement rare, souvent causé par une hémorragie ou une tumeur cérébrale. C'est pourquoi si peu de personnes, statistiquement, peuvent devenir donneurs.

Ce n'est pas une question de volonté, mais de condition physique. Cette rareté rend chaque carte de donneur d'autant plus vitale.

La loi du consentement : ce que l'Europe aimerait changer

Le fonctionne sur le principe du consentement explicite : vous devez dire OUI de manière active pour être donneur. C'est ce qui explique le retard par rapport à des pays comme l'Espagne, où le taux de donneurs par million d'habitants est quatre fois supérieur au nôtre (46 contre 11,4).

La solution de la « Loi du refus »

La « Loi du refus » (ou solution du désaccord) signifie que tout adulte est automatiquement considéré comme donneur, à moins qu'il n'ait explicitement dit NON de son vivant. Huit pays européens préconisent cette approche pour combler le manque d'organes.

Bien que cette solution ait été rejetée en en 2020 (gardant ainsi le principe du consentement qui prévaut), le débat continue de faire rage. L'idée est simple : si nous rendons la procédure par défaut, le nombre de dons pourrait exploser.

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Le processus : du décès à la transplantation (et l'exclusion du choix personnel)

Une fois que le don est envisagé, le processus est d'une rigueur scientifique et éthique absolue. J'ai été surpris par la complexité de l'organisation derrière ce geste simple.

Comment la mort cérébrale est-elle confirmée ?

C'est une étape non négociable. Deux médecins spécialistes doivent confirmer, indépendamment l’un de l’autre, l’arrêt définitif et irréversible de l'activité du cerveau.

"Les critères appliqués sont extrêmement précis. Aucune intervention ne sera faite sur un patient qui pourrait potentiellement survivre," a assuré le Prof. Hagl.

L'attribution : l'argent n'a aucune importance

Après l'exclusion des infections ou des tumeurs par des tests en laboratoire, toutes les données du donneur (groupe sanguin, taille, etc.) sont transmises à Eurotransplant.

Eurotransplant est l'organisation centrale responsable de la distribution des organes dans huit pays européens. Ils travaillent comme un filtre international pour garantir l'équité.

  • Ils recherchent dans la liste d'attente internationale le receveur "le plus compatible".
  • L'attribution est basée exclusivement sur des critères médicaux : l'urgence et le taux de succès attendu de la greffe.

Conseil pratique : Non, vous ne pouvez pas choisir le receveur. L'idée de dire "Je ne veux pas que mon organe aille à un fumeur" ou "Je veux qu'il aille à un enfant" est légalement exclue. Cette règle garantit que le don est impartial et que l'origine sociale, le revenu, ou l'assurance santé ne jouent aucun rôle.

Pensez-y : un geste simple qui change tout

Le don d'organes est un acte de générosité extrême, mais il commence par un choix extrêmement simple. Que vous préfériez la carte ou l'enregistrement numérique, le plus important est de faire connaître votre volonté. Même si vous décidez de refuser, formaliser votre décision est un acte de responsabilité envers votre famille.

Si vous aviez le pouvoir de soulager l'attente cruelle de 8 300 personnes en attente d'un rein, d'un cœur, ou d'un foie, le feriez-vous ? J'ai fait mon choix. Et vous, quelle est votre position aujourd'hui ?