Vous avez un jardin et l’été approche. Vous imaginez cette pastèque juteuse ou ce melon charentais parfaitement mûr. Mais il y a un piège, un cauchemar que tout jardinier français connaît : la pourriture du dessous. Ce moment horrible où le fruit touche la terre humide, se fissure, et attire les limaces. J'ai longtemps lutté contre ça.
J'ai remarqué, chez beaucoup de mes lecteurs qui cultivent des courges et des cucurbitacées, que cette perte représente souvent 20 à 30% de la récolte. C’est frustrant ! Heureusement, la solution la plus élégante et la moins chère ne se trouve pas dans une jardinerie à prix d'or, mais dans votre tiroir à sous-vêtements. Lisez ceci immédiatement avant que juillet n'arrive.
Le risque caché de la « Lourdeur » : pourquoi vos fruits pourrissent
Le melon, surtout quand il atteint sa taille maximale, est un petit bloc de poids lourd. Un Charentais peut facilement peser 1,5 kg. Pour les pieds de vigne rampants, deux problèmes surviennent quand ce poids n'est plus supporté par la plante :
- Le point de contact : L'humidité remonte du sol (même au Sud de la France) et crée un environnement parfait pour les champignons et les bactéries directement sous le fruit.
- La rupture de la tige : L'attache de la tige devient faible. Si vous avez une brise un peu forte, style vent du Sud, la lourdeur du fruit peut causer une cassure, tuant le fruit avant sa maturité.
Beaucoup de novices essaient la paille ou des planches de bois. C'est bien, mais ça ne résout pas le problème de l'aération et ça fournit même un abri pour les nuisibles. Dans ma pratique, j’ai vu cette méthode échouer régulièrement quand les pluies estivales s'enchaînent.
Pourquoi le vieux collant bat tous les filets du commerce
Ici, en France, on peut trouver des filets de suspension pour fruits dans les magasins de bricolage. Mais ils coûtent cher et sont souvent rigides. Le collant (ou bas) en nylon est l’outil idéal pour deux raisons cruciales :
1. Élasticité inégalée : Le nylon s'étire parfaitement autour de la forme organique du fruit. Il supporte le poids sans créer de points de pression. C'est comme un hamac sur mesure pour votre melon.

2. Perméabilité maximale : Le maillage fin permet une aération totale tout autour du fruit. L'humidité s'évapore rapidement après une averse. Votre melon reste sec, même par temps gris breton.
Astuce d'expert : Privilégiez les vieux collants opaques (denier élevé). Ils sont plus résistants que les voiles fins. Évitez de jeter ceux qui ont filé ; ils viennent de trouver une nouvelle vie utile.
La méthode du soutien-gorge de melon : Le Plan en 5 Étapes
Voici la technique simple et durable que j'ai perfectionnée pour garantir que mes melons mûrissent en hauteur, loin de la menace de la pourriture. Vous n'avez besoin que d'une paire de ciseaux et de ficelle solide (du raphia ou du fil de lin fait très bien l'affaire).
Étape 1 : Le moment parfait
N'attendez pas que le melon soit énorme. Commencez cette opération dès que le fruit atteint la taille d'une balle de tennis (un beau fruit de la passion). Attendre plus longtemps risquerait de traumatiser la petite tige fragile.
Étape 2 : La découpe stratégique
Prenez votre vieux collant. Coupez la jambe juste sous la culotte. Puis, coupez la pointe du pied. Vous devez obtenir un long tube de tissu. Le but est d’utiliser la résistance uniforme de la jambe.

Étape 3 : L'installation en douceur
Faites glisser doucement le melon à l'intérieur du tube de nylon. Ne serrez pas ! Le collant doit envelopper l’intégralité du fruit sans l'écraser. Faites remonter l'excédent de tissu au-dessus du fruit.
Étape 4 : Le point d'ancrage sécurisé
Prenez la partie ouverte du collant (celle par où vous avez inséré le fruit) et lacez-la solidement avec votre ficelle à l'extrémité. Le nylon est maintenant fermé sur lui-même, formant une poche.
Attention : attachez cette ficelle solidement à la structure porteuse (grillage, treillis, pergola), et non à la tige principale du melon. Toute la charge doit être portée par le système et non par la plante elle-même. C’est la clé pour éviter la strangulation de la tige, un piège que beaucoup oublient.
Étape 5 : L'ajustement du niveau
Ajustez la hauteur. Le melon doit être suspendu et ne doit plus toucher le sol. Il doit être à environ 10-15 cm au-dessus de la terre. Observez : le collant doit être légèrement tendu. Votre melon est désormais dans son bain de soleil, protégé et ventilé.
Grâce à cette méthode simple, vous ne perdrez plus de fruits à cause de l'humidité. Vous obtiendrez des melons uniformément colorés et, surtout, vous prolongerez la vie de vos lianes, car elles ne seront plus épuisées par le poids des fruits lourds.
C'est un petit geste de recyclage qui peut augmenter de manière significative la qualité et la quantité de votre récolte estivale. Un vieux collant que vous auriez jeté devient l'outil le plus intelligent de votre potager.
Et vous, quelle est l'astuce de grand-mère que vous utilisez et qui fonctionne à merveille au jardin ?